Newsletter Fondation Léon Fredericq - AVRIL 2021

Newsletter 01 - 26 avril 2021

Actualités

2 millions d’euros pour équiper la recherche en cancérologie !

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Un montant exceptionnel pour soutenir cinq projets exceptionnels : 2.121.166 € viennent d’être attribués par la Fondation Léon Fredericq au financement de cinq gros équipements de recherche en cancérologie. Des instruments à la pointe de la technologie qui bénéficieront à des centaines de chercheurs liégeois engagés dans la lutte contre le cancer, grâce à la générosité des donateurs.

A l’origine de l’initiative, une importante succession reçue en 2020 qui a incité la Fondation à lancer un appel à projets « gros équipements » en décembre dernier. Au départ, un million d’euros devait être dédié à « un appareil de recherche contre le cancer », selon les souhaits de la testatrice. Mais la qualité des candidatures a finalement poussé la Fondation à libérer le double de la somme.

Début avril, la Commission scientifique a désigné les projets lauréats, signant l’acquisition imminente de cinq équipements high-tech qui viendront grossir le parc d’instruments des différentes unités de recherche du GIGA et du Centre Interdisciplinaire de Recherche sur le Médicament (CIRM) au sein de l’ULiège et du CHU de Liège. Les fonds seront libérés dès ce 1er mai.

Des technologies de pointe pour des recherches de pointe !

Ces futures acquisitions ne sont pas seulement de nouveaux instruments plus précis et plus performants. Ils intègrent chacun des technologies innovantes de toute dernière génération qui permettront de faire avancer des centaines de recherches sur le cancer autrement irréalisables. Des mécaniques aussi complexes que coûteuses, aux noms sophistiqués tels que « microscope automatisé holo-tomographique » ou « cytomètre en flux à détection spectrale ». Notamment, l’arrivée du nouveau cytomètre en flux au GIGA devrait marquer une série d’avancées dans la compréhension du développement des métastases du cancer du sein et du poumon ou encore de la maladie du greffon, cette complication dramatique de la greffe de cellules souches dans les cas de cancer du sang.

Utilisé en recherche fondamentale, mais aussi en clinique ou en pharmacologie, un cytomètre en flux permet à partir d’un échantillon (de tumeur par exemple) d’analyser et de mesurer les caractéristiques des cellules qui le composent (forme, taille, structure, composants…), à l’aide d’un marquage de couleurs qu’on leur applique. « Le problème est que dans la nature, les cellules ont déjà une couleur, provoquant un phénomène appelé « autofluorescence » qui interfère avec nos observations et brouille nos interprétations », explique le Dr Sandra Ormenese, responsable de la plateforme GIGA d’Imagerie cellulaire et de Cytométrie en flux. « Or certaines cellules sont très autofluorescentes, comme au niveau du poumon ou du sein », ce qui handicape leur étude. « Mais la nouvelle technologie de détection spectrale neutralise ce phénomène d’autofluorescence, ce qui va nous permettre d’analyser des populations cellulaires rares ou inconnues jusqu’ici ! », anticipe la chercheuse.

« Abrités au Sart Tilman, ces appareils de pointe seront mis à disposition de centaines de chercheurs en cancérologie venus de Liège ou d’ailleurs ! »

Du côté du CIRM, le Pr. Géraldine Piel voit dans l’acquisition d’un microscope automatisé holo-tomographique 3D « une grande plus-value pour l’ULiège. Il n’existe qu’une seule autre machine de ce type en Belgique ! ». Bien plus qu’un microscope haute résolution « qui permet d’observer jusqu’aux organelles d’une cellule », c’est surtout un appareil d’imagerie non invasive, capable de produire des images ou des vidéos en 3D de cellules vivantes « dans leur environnement natif, sans manipulation et sans interférence. Grâce à la toute nouvelle technologie holo-tomographique, l’appareil ne génère aucune altération des cellules qu’on peut alors voir vivre, se développer et mourir naturellement ».

Pr  Géraldine Piel

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Le futur microscope permettra entre autres d’« expérimenter des nanomédicaments dans le traitement du cancer, en observant in vitro l’entrée et l’évolution du médicament dans la cellule tumorale ». 50.000 fois plus petits que l’épaisseur d’un cheveu, ces médicaments sont composés d'une molécule qui va soigner la zone malade et d’un « vecteur » qui cible les cellules à atteindre sans endommager les cellules saines autour. À l’horizon, le Graal : « des chimiothérapies très ciblées avec beaucoup moins d’effets secondaires, qui s’attaquent exclusivement à la tumeur sans inonder le reste de l’organisme ».

Ces potentialités ne sont « que quelques exemples parmi une foule d’autres », insiste le Dr Sandra Ormenese, « car le domaine d’application de ces équipements en cancérologie est extrêmement vaste ». Des dizaines de projets de recherche sont déjà lancés, et ce n’est qu’un début !

Dr Sandra Omenese

Sandra

Les cinq projets soutenus

1. Développement d'une Plateforme automatisée de thérapie cellulaire porté par le Pr Yves Beguin.

2. Développement innovant du parc d’instruments de la Plateforme GIGA de cytométrie en flux pour répondre aux demandes de projets de recherches en cancérologie expérimentale : achat d’un cytomètre en flux à détection spectrale pour l'investigation en multifluorescence de populations cellulaires rares ou jusqu’alors inconnues porté par le Pr Frédéric BARON et le Dr Sandra ORMENESE.

3. Développement innovant du parc d’instruments de la Plateforme GIGA d’Imagerie Cellulaire pour répondre aux demandes de projets de recherches en cancérologie expérimentale : achat d’un microscope confocal à haute résolution LSM980 et d’un Incucyte SX5 porté par le Pr Agnès NOEL et le Dr Sandra ORMENESE.

4. Développement d'une station automatisée de préparation d’échantillons biologiques (sérum, plasma, urine, salive, milieu de culture, extraits cellulaire, extraits de biopsies, …) destinés à des études métabolomiques par Résonance Magnétique Nucléaire (RMN) et par Spectrométrie de Masse (SM) porté par le Dr Pascal DE TULLIO.

5. Digital Holo-Tomographic Microscopy for Automated & Label-free 3D Live Cell Imaging porté par le Dr Géraldine PIEL.

La Fondation Léon Fredericq lance son 34e appel à candidatures
en faveur de la recherche médicale et cancérologique à Liège

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Ce jeudi 29 avril, la Fondation Léon Fredericq lancera son nouvel appel à candidatures. L’occasion pour les chercheurs et médecins du CHU et de l’Université de Liège de solliciter un soutien dans le cadre de leurs projets. En 2020, la Fondation a attribué 188 subsides pour un montant total de 2.000.000 € en faveur de la lutte contre le cancer, de la recherche médicale, des projets innovants en faveur du patient mais aussi de la lutte contre la COVID-19. Un record ! Sans l’incroyable soutien, la générosité de cœur et la confiance inestimable de nombreux et précieux partenaires et donateurs, rien de tout cela n’aurait été possible ! Merci à eux et elles, merci à vous !

Comme chaque année, la Fondation Léon Fredericq va lancer en cette fin de mois d'avril son appel à candidature à l’attention des chercheurs et médecins du CHU et de l’Université de Liège. Il sera dès lors possible pour les porteurs de projets de déposer leurs demandes jusqu’au mercredi 2 juin afin de postuler à un soutien dans le cadre de leurs travaux. Au terme de cette période, la Commission Permanente Facultaire à la Recherche de la Faculté de Médecine de l’ULiège - forte de l’expertise et de l’expérience de 17 experts couvrant tous les domaines de la Médecine - sera en charge de l’analyse et de l’évaluation des dossiers soumis. A l’issue de cet appel ? Plusieurs centaines de milliers d’euros en faveur de la recherche médicale et cancérologique à Liège au travers de bourses de voyage, bourses de fonctionnement, bourses de recherche clinique et prix spécifiques. Mais pas que !

En effet, la grave crise sanitaire que nous traversons depuis de nombreux mois nous démontre plus que jamais à quel point il est vital pour un hôpital de pouvoir proposer à ses patients des soins à la pointe du progrès mais aussi combien, pour ce faire, il est indispensable de soutenir la recherche et l’innovation.  C'est pourquoi, plus convaincue que jamais du bien-fondé de son action et désireuse de contribuer activement aujourd’hui à la médecine de demain, la Fondation Léon Fredericq a dès lors décidé de consacrer en 2021 une part importante de ses moyens en faveur de l’INNOVATION et ce au bénéfice du PATIENT.

Début 2021, la Fondation Léon Fredericq, a d’ores et déjà lancé un nouvel et important appel à projets visant à l'acquisition de "gros équipements". C’est plus de deux millions d’euros qui viennent d'ailleurs d'être attribués à 5 projets dans ce cadre. Un soutien rendu possible exclusivement grâce à des legs réalisés en faveur de - et selon la volonté des testateurs - la recherche contre le cancer. Une aide véritablement substantielle pour les chercheurs en cancérologie au travers de technologies innovantes qui leur permettront sans aucun doute de faire de nouvelles découvertes.

Le 29 avril, la Fondation lancera également pour la 3e fois un appel à projets innovants avec pour objectif le soutien à des projets permettant d'améliorer la prise en charge, le suivi et le bien-être des patients mais ne bénéficiant actuellement d’aucun financement par les pouvoirs publics et par l’INAMI. Après avoir attribué une aide en Oncologie en 2019 et en Infectiologie en 2020, la Fondation soutiendra dans le cadre de cet appel des projets en Neurologie à hauteur de 50.000 €.

Enfin, la Fondation a décidé en 2021 de mettre à disposition en urgence un crédit d’impulsion exceptionnel d’un montant de 100.000€ en faveur d’un projet scientifique ou clinique innovant afin donner les moyens à un chercheur permanent âgé de maximum 45 ans de mettre en place une nouvelle équipe relativement à un projet novateur. Une première!

Qui seront les Lauréats 2021-2022 de la Fondation Léon Fredericq ?  Réponse le mercredi 10 novembre 2021, lors de la séance académique de remise officielle des Bourses et Prix au CHU de Liège ! Et rendez-vous le vendredi 12 novembre pour les célébrer ensemble comme il se doit, lors d’une nouvelle édition de la Soirée PROJETS.

Zoom sur nos chercheurs

Amandine Boeckx et la molécule microARN 503

BOECKX Amandine

Les chiffres ? En 2018, il y a eu 70.468 cas de cancers, dont 11. 009 cancers du sein (16%). Malgré les fortes avancées médicales de ces dernières années, le cancer du sein demeure la principale cause de morbidité et mortalité par cancer chez les femmes : il touche environ une femme sur 9 et une femme sur 27 y laisse la vie. Le cancer du sein touche aussi …les hommes (un homme pour 100 femmes). C’est, pour eux, un cancer rare mais, en 2018, 104 hommes en ont quand même été touchés.

Les chercheuses et chercheurs du monde entier sont mobilisés. Et ceux de Liège aussi. La Fondation Léon Fredericq, qui lance avec cette webnews un nouveau moyen de communication pour vous informer de l’activité foisonnante de la recherche médicale à Liège, vous présente aujourd’hui  Amandine Boeckx, une jeune Soumagnarde de 29 ans, maman depuis peu d’une petite fille, et « maman » aussi d’une recherche passionnante.

Amandine est diplômée d'un bachelier en Haute Ecole en Sciences médicales en 2014 mais décide de ne pas en rester là. Pour progresser, elle effectue une « passerelle » vers l’ULiège dans l'objectif d'obtenir un Master en Biochimie. Elle obtiendra son diplôme en 2017 avec grande distinction. En cours du soir, elle ajoute à son bagage une formation en management à l'Ecole de Gestion de l'Université. Actuellement chercheuse pour le Télévie, elle est en troisième année de thèse de doctorat au sein du Laboratoire d'angiogenèse moléculaire (GIGA-ULiège).  Elle vous explique son domaine de recherche.

"UN CANCER CE N'EST PAS JUSTE DES CELLULES CANCÉREUSES"

Amandine Boeckx

La recherche d’Amandine s'intéresse à la communication entre les vaisseaux sanguins et le cancer du sein. Pour qu'un cancer grandisse, il nécessite certains apports qui sont conduits par le sang, donc les vaisseaux sanguins. Le but est de trouver des biais marqueurs des molécules qui sont surexprimées dans les cancers du sein ou alors des molécules qui sont sous-exprimées dans le sens qui seraient plus thérapeutiques dans le cancer du sein et alors voir leur impact sur les vaisseaux sanguins. "C'est bien d'attaquer un cancer, mais un cancer ce n'est pas juste des cellules cancéreuses, ce sont des cellules cancéreuses qui sont associées à des cellules de vaisseaux sanguins et d'autres types de cellules, des cellules immunitaires, des globules blancs, etc… Il faut jouer sur tout cet environnement-là, pas uniquement sur le cancer."

L’équipe active au sein du laboratoire au GIGA Cancer a découvert une molécule qui se nomme microARN 503. Cette molécule est plutôt thérapeutique : elle est sous-exprimée dans la plupart des cancers dont les cancers du sein mais surexprimée dans les vaisseaux sanguins. Les vaisseaux sanguins essayent déjà de réduire la progression tumorale. Le but de la recherche est d’analyser, par l’injection de microARN 503, l'effet sur la progression tumorale. A ce stade, les résultats sont prometteurs :  ils témoignent d’une très forte réduction de la tumeur.

 

"JE PENSE QU'IL Y A UN RÉEL POTENTIEL CLINIQUE."

Au CHU de Liège, les chercheurs disposent d’une banque de données de patients assez large et diversifiée. A l’analyse des dossiers des patients qui ont subi une chimiothérapie, les chercheurs se rendent compte que ce microARN 503 tend à se développer et parvient à réduire la progression tumorale. "Nous avons démontré que ce même microARN réduisait, non seulement, la progression des cellules cancéreuses mammaires sensibles mais aussi résistantes à la chimiothérapie". En collaboration avec le Professeur Jerusalem, ils analyseront les niveaux plasmatiques et exosomaux du microARN ainsi que la corrélation de ces niveaux avec les stades tumoraux, les sous-types de cancers du sein et leur résistance à la chimiothérapie.

Si une injection se faisait aux patients, il y aurait surement une diminution de la progression tumorale. « Ce projet nécessite encore énormément d'études cliniques tant la molécule est intéressante en elle-même, mais son action le serait davantage encore en combinaison avec d’autres » explique Amandine pour qui la microARN 503 a un réel potentiel clinique.

Amandine a reçu une aide financière de la Fondation Léon Fredericq, plus précisément - en 2020 - grâce au soutien d'un précieux partenaire: les Womanrace. "J'ai obtenu, comme d’autres chercheurs du labo, une bourse de fonctionnement de la Fondation durant les deux premières années. La Fondation et ses partenaires nous aident énormément, notamment dans le financement du matériel de laboratoire. Sans les supports financiers à la recherche, nous n’en serions pas là ».

Focus sur nos sponsors

DU SPORT CONTRE LE CANCER DU SEIN

Les « Womanrace » financent la recherche !

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Les "Woman Race" sont les seules courses « 100% féminines » dont tous les bénéfices sont redistribués pour la recherche contre le cancer du sein. La première édition de la course, était en 2011, à Liège. 857 participantes avaient répondu à l’appel de Robert Bosmans,  un liégeois directeur d'une société d'événementiel et de communication. « L’idée de départ a de suite été la bonne, sourit Robert Bosmans quand on évoque le lancement : une course à allure libre dans laquelle les femmes se retrouvent entre elles, au rythme d'un DJ. C’est un moment de partage et d'amusement pour la bonne cause. »

Le premier succès (dans le peloton s’était glissé quelques hommes solidaires du combat) a poussé Robert à renouveler l'organisation qui fête cette année ses dix ans. Dix courses seront organisées pour fêter cet anniversaire dans toute la Wallonie. Comme certaines d’entre elles rassemblent jusqu’à 2000 participantes, faites le compte : la mobilisation aide la recherche ! 

L'objectif des Womanrace est évidemment de canaliser la solidarité, de donner de la visibilité à des chercheurs, «  mais aussi de faire prendre conscience aux femmes  -et aux hommes aussi- que le sport est un vecteur de lutte contre la maladie ».

La Fondation Léon Fredericq a reçu, grâce aux Womanrace, 83053,42 €  en aide financière directe. « C’est une somme importante qui, avec les autres ruisseaux, font la grande rivière du financement de la recherche médicale à Liège, explique Caroline Mazy, directrice de la Fondation Léon Fredericq. Une recherche qui se déroule à Liège et dont profitent …les femmes qui courent, et toutes les autres aussi. C’est cette solidarité qui fait évoluer la recherche. »

La prochaine édition de la Womanrace « La Liégeoise » est prévue pour le 5 septembre prochain, au cœur de la cité ardente. En attendant, retrouvez plus d'infos sur le site internet et le mur Facebook "Womanrace".

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