Fondation Léon Fredericq, Fondation hospitalo-universitaire à Liège
Créée le 18 octobre 2017, par le CHU de Liège, l’ULiège, le Fonds Léon Fredericq et le Centre Anticancéreux, la Fondation Léon Fredericq, Fondation hospitalo-universitaire à Liège, a pour objectif de soutenir et renforcer l'aide à la recherche médicale et biomédicale à Liège dans tous les domaines de la médecine, mais également de soutenir les projets innovants menés par l’hôpital universitaire de Liège tant pour le bien-être des patients que pour la qualité des soins.
La Fondation Léon Fredericq promeut avant toute chose l’excellence et l’innovation afin que chacun puisse bénéficier d’une médecine de pointe. Elle fonde notamment son action sur la créativité des jeunes chercheurs en leur donnant les moyens de servir le progrès médical dans l’intérêt de la santé de chacun. Elle favorise également l’acquisition et la mise en œuvre de moyens technologiques les plus performants tant en terme de recherche que lors de la prise en charge des patients en milieu hospitalier.
Enfin, la Fondation se mobilise contre le cancer à Liège en s’engageant activement aux côtés du nouvel Institut de cancérologie "Arsène Burny" du CHU de Liège, véritable centre médical de référence en Wallonie dans le domaine de l’Oncologie.
Cet immense défi, la Fondation Léon Fredericq le relève grâce à des dons et des legs. Des partenaires, citoyens ou entreprise, la rejoignent également et la soutiennent dans son action. C’est ainsi que, des jeunes chercheurs du Centre Hospitalier de Liège, de l’ULiège et de la Faculté de Médecine reçoivent plusieurs millions d'euros sous forme de bourses de voyage, de crédit de fonctionnement ou d’équipement, de bourses de prix spécifiques, de subsides en faveur de projets innovants, ou encore de bourses de Fondations associées.
Il n’est pas un domaine de la médecine qui n’intéresse la Fondation, depuis ses aspects les plus fondamentaux jusqu’à ses implications dans le domaine social. Il s’agit de faire progresser et d’élargir encore l’éventail des soins de pointe dispensés dans le cadre du Centre Hospitalier Universitaire de Liège.
La Fondation Léon Fredericq s’implique également dans la vie de la Cité. Elle fait ainsi connaître son action auprès d'un plus large public par l’organisation de grands événements culturels mais également grâce à de nombreuses associations se joignent à la cause pour l'organisation d'événements.
En 2026, la Fondation Léon Fredericq, c'est :
- 300 subsides attribués à de jeunes chercheurs et médecins du CHU et de l’Université de Liège dans tous les domaines de la médecine à hauteur de 3.500.000 €.
- Le soutien à des projets innovants permettant d’améliorer la prise en charge, le suivi et le bien-être des patients au CHU de Liège.
- 600 chercheurs de l’Université de Liège et 50 services médicaux du CHU de Liège encouragés dans leurs travaux.
- La mise à disposition d’équipements scientifiques de pointe.
- 4000 patients qui bénéficient chaque jour au CHU de Liège du travail acharné de jeunes chercheurs et de brillants médecins pour une meilleure compréhension des pathologies, la mise en place de diagnostics précoces et de soins thérapeutiques innovants.
Notre éthique
Le respect de l'éthique est une valeur fondamentale et inhérente depuis toujours à l'identité de la Fondation Léon Fredericq . Pour garantir et guider ses actions au quotidien, la Fondation Léon Fredericq a choisi d'associer sa démarche à la charte éthique pensée et réalisée par l'Université de Liège. Un choix qui fait sens, l'Université de Liège étant l'un de ses 4 cofondateurs, et reflètant un engagement commun sur un sujet primordial : celui d'une gouvernance transparente et responsable.
Votre santé, Notre priorité
Fondée par le CHU de Liège, l'ULiège, le Fonds Léon Fredericq et le Centre Anticancéreux, la Fondation Léon Fredericq, Fondation hospitalo-universitaire à Liège, a 3 objectifs :
- Soutenir et renforcer l'aide à la recherche médicale et biomédicale à Liège dans tous les domaines de la médecine ;
- Soutenir les projets innovants menés par l'hôpital universitaire de Liège tant pour le bien-être des patients que pour la qualité des soins ;
- Se mobiliser contre le cancer à Liège en soutenant le nouvel Institut de Cancérologie Arsène Burny du CHU de Liège, véritable centre médical de référence en Wallonie dans le domaine de l'Oncologie.
Nos valeurs
- EXCELLENCE dans la sélection des projets soutenus
- INTÉGRITÉ et ÉTHIQUE dans la gestion et le suivi des projets
- RESPECT de la volonté du donateur
- TRANSPARENCE dans l’utilisation des moyens disponibles
- HUMANITÉ avec le patient au centre de nos préoccupations
Notre histoire
En 1987, la recherche médicale souffrait déjà de manière chronique d’un déficit de moyens pour lutter de manière efficace contre la maladie. Conscients des enjeux qu’elle représente, des universitaires liégeois dont le Professeur Franchimont – Administrateur délégué du CHU de Liège à l’époque - créée le Fonds Léon Fredericq ASBL.
De 1987 à 2017, le Fonds Léon Fredericq attribue de nombreuses bourses aux jeunes chercheurs du CHU et de l'Université de Liège. En 30 ans, il distribue plus de 10 millions d'euros avec le soutien du Centre Anticéncéreux et des Fondations associées.
Qui est Léon Fredericq ?
Né à Gand en 1851, Léon Fredericq était un médecin et physiologiste liégeois. Il fut un chercheur prolifique. Dans sa jeunesse, des études réalisées dans des disciplines aussi variées que la physiologie, la biologie, la médecine, mais aussi la physique et la chimie, lui permirent d’acquérir une somme énorme de connaissances qu’il intégra dans ses travaux.
Toutes ses connaissances couplées à son ingéniosité ont été à la base de la mise au point d’un grand nombre de procédés nouveaux, qui à leur tour, lui permirent de mener des recherches dans divers domaines comme bien entendu, la médecine et la physiologie humaine, mais aussi la physiologie comparée des animaux inférieurs et spécialement celle des animaux marins.
Il fut appelé à l’Université de Liège en 1879 par Théodore Schwann , à qui il succédera en reprenant la chaire de Physiologie, et fonda l’Institut de Physiologie à Liège en 1887. Considéré comme un pionnier dans le domaine de la physiologie, discipline alors en plein développement, on lui doit de nombreuses découvertes, notamment en ce qui concerne la respiration, la pression et la circulation sanguine, ou encore l’invention de l’oxygénographe. En physiologie marine, il découvrit entre autres, l’hémocyanine et l’autotomie. Léon Fredericq était également un amoureux de la région des Haute Fagnes pour lesquelles il fut à l’origine de la première station de recherche du Mont-Rigi. A ses heures perdues, il était aussi un aquarelliste réputé.
Pourquoi le nom Léon Fredericq ?
Ce nom a été choisi par rapport à la personne, le médecin et le chercheur qu’était Léon Fredericq mais aussi pour sa connotation liégeoise. En effet, à Liège, il y avait en 1987 un Institut Léon Fredericq et une rue Léon Fredericq (toujours existante).
La brillante carrière du célèbre physiologiste liégeois Léon Fredericq illustre le credo du Fonds : "Donner à l’intelligence et à la créativité des jeunes chercheurs les moyens de servir la connaissance scientifique et le progrès médical"
Le nom « Fondation » renait
Convaincu du bien-fondé de son action et désireux d’amplifier celle-ci et d’en élargir l’objet, le Fonds Léon Fredericq décide fin 2017 de créer, en partenariat avec le CHU, l’Université de Liège et le Centre Anticancéreux la Fondation Léon Fredericq, Fondation hospitalo-universitaire à Liège.
Les objectifs de cette nouvelle Fondation unique reconnue d’utilité publique ? Renforcer l’aide à la recherche médicale à Liège dans tous les domaines de la médecine, soutenir les projets innovants menés par le CHU et l’Université de Liège tant pour le bien-être des patients que pour la qualité des soins et se mobiliser contre le cancer. Faire encore plus, faire encore mieux, afin que chacun puisse bénéficier d’une médecine de pointe, telle est la volonté de la nouvelle Fondation Léon Fredericq !
En octobre 2025, la Fondation Léon Fredericq a octroyé 300 subsides aux jeunes chercheurs du CHU de Liège et de l’ULiège pour un montant total de plus de 3.500.000€ en faveur de la recherche médicale, de la lutte contre le cancer et des soins aux patients. Un RECORD !
Biographie de Léon Fredericq
Léon FREDERICQ (1851-1935)
Léon Fredericq naît à Gand en 1851 et effectue dans cette ville ses études universitaires pour être diplômé docteur en Sciences naturelles en 1871, puis docteur en Médecine, Chirurgie et Accouchements en 1875, et enfin docteur en Sciences physiologiques en 1878. Il effectue ensuite ce qu’on appellerait aujourd’hui un séjour postdoctoral de recherche et se rend dans différents laboratoires comme ceux de Paul Bert et du grand Claude Bernard à Paris, d’Emile du Bois-Reymond à Berlin, et de Félix Hoppe-Seyler à Strasbourg. Sous l’impulsion des savants mentionnés ci-dessous, et de Claude Bernard en particulier, la physiologie est alors devenue la base de la médecine expérimentale. A l’initiative de Theodor Schwann lui-même, Léon Fredericq lui succède en 1879 à la chaire de Physiologie de la Faculté de Médecine de Liège et il s’installe dans une maison de la rue Nysten à laquelle la Ville de Liège avait donné le nom du premier physiologiste liégeois.
Passionné de physiologie, Léon Fredericq s’est laissé porter par sa curiosité et son talent. Parmi ses contributions principales, on compte la découverte de l’hémocyanine, deuxième transporteur d’oxygène utilisé par les êtres vivants, mais aussi ses brillants travaux sur la circulation sanguine et la physiologie du cœur chez le chien.
Quel est le point commun entre le poulpe et le chien ? Entre autres, les brillants travaux que Léon Fredericq leur a consacrés. Il a fait preuve de génie dans de nombreux domaines avec un grand apport pour la physiologie expérimentale. Cependant, il n’avait pas l’étiquette d’un scientifique travaillant et persévérant sur un seul thème.
L’étude du poulpe s’est imposée à Léon Fredericq un peu par hasard. Ses diplômes de docteur en sciences naturelles, en médecine et en sciences physiologiques en poche, le jeune chercheur veut réaliser un projet qui le passionne : étudier la physiologie des invertébrés marins. C’est à la Station biologique de Roscoff, en Bretagne, alors qu’il s’attèle à déchiffrer la composition du sang du poulpe que celui-ci a choisi de lui révéler un de ses secrets.
En 1878, il écrit à ses parents :
« Je rêve de poulpe, je mange du poulpe, je nourris mes poulpes, je vis poulpe ».
Son obsession pour le poulpe l’entraîne sur la piste d’une de ses contributions majeures dans le domaine de la physiologie. Alors qu’il dissèque un poulpe, il remarque que la couleur du sang qui sort de ses branchies est d’une autre couleur que celle du sang qui y entre, comme c’est le cas chez les mammifères pour le sang veineux et le sang oxygéné. Il en déduit que le poulpe, cet invertébré sur lequel il travaille, présente le même genre de système que les vertébrés. Et il se met alors à chercher la substance qui capte l’oxygène dans le sang du poulpe. C’est ainsi que Fredericq découvre l’hémocyanine. Contrairement aux mammifères, la couleur du sang oxygéné du poulpe n’est pas rouge mais bleue. En creusant un peu, Léon Fredericq s’aperçoit que cette coloration bleutée est liée à la présence de cuivre au sein de l’hémocyanine, la protéine qui transporte l’oxygène dans le sang des poulpes. Chez les mammifères, c’est à l’hémoglobine, une protéine contenant du fer, que revient cette charge. En fonction qu’elle se lie à des atomes de fer ou de cuivre, la molécule d’oxygène donne donc au sang sa couleur rouge ou bleue, respectivement. L’hémocyanine découverte ainsi est le deuxième transporteur d’oxygène le plus utilisé par les êtres vivants après l’hémoglobine. Cette protéine est notamment répandue chez un grand nombre d’insectes et de mollusques.
Toujours chercheur à l’Université de Gand à l’époque, Léon Fredericq rédige en 1878 un mémoire sur ses dernières découvertes intitulé « Sur l’hémocyanine, substance nouvelle du sang de poulpe ». Il le présente à l’Académie des Sciences de Paris et rencontre l’admiration générale. Outre la mise au jour de l’hémocyanine, il montrait ainsi qu’au cours de l’évolution, des protéines avaient évolué en parallèle pour remplir les mêmes fonctions chez les vertébrés et les invertébrés, ici les transporteurs d’oxygène.
Un an après la découverte de l’hémocyanine et la renommée internationale de Léon Fredericq qui s’ensuivit, ce dernier rejoint l’ULiège, choisi par Theodor Schwann lui-même pour reprendre sa chaire de Physiologie. Il s’intéresse à différents sujets tels que la régulation de la température et du métabolisme général, la composition saline des tissus en relation avec leur environnement, le réflexe du crabe – qui se coupe lui-même une patte pour se sauver dans certaines situations (autophagie) -, ou encore la coagulation du sang. Concernant ce thème de recherche, il écrit : « Le mystère de la coagulation du sang m’intéresse plus que celui de la Sainte-Trinité ».
Mais un autre domaine l’intéresse également et l’occupera particulièrement à Liège : la circulation vasculaire et la physiologie cardiaque. Ses recherches dans ce domaine lui vaudront d’être reconnu comme un spécialiste en la matière. Il met au point la technique expérimentale de circulation croisée entre deux chiens afin d’éclaircir des questions concernant le contrôle de la respiration par des centres nerveux. En simplifiant très fort, Fredericq est parvenu a obtenir une circulation croisée entre deux chiens en coupant leurs carotides et en reliant les extrémités de ces dernières de sorte que la tête du chien A ne reçoive que du sang provenant du corps du chien B et vice-versa. Léon Fredericq écrit que « les animaux supportent parfaitement cette opération et ne présentent aucun trouble du mouvement respiratoire ni des battements du cœur. L’expérience pourra être prolongée d’autant plus longtemps que les canules de verre qui relient les artères seront plus larges et plus courtes, ce qui retarde la coagulation du sang dans leur intérieur ».
La circulation céphalique croisée ainsi obtenue par Léon Fredericq lui permet de réaliser une expérience très importante sur la régulation des mouvements respiratoires. Il a en effet pu démontrer que l’on peut modifier le rythme et le type des mouvements respiratoires en agissant uniquement sur la composition du sang qui circule dans la tête d’un animal.
Léon Fredericq se met ensuite à la chirurgie cardiaque chez le chien. Il se penche plus particulièrement sur la mesure de la pression présente dans les différentes cavités cardiaques. Il réalise ses mesures dans chacune des cavités à l’aide d’un éléctrogramme, l’ancêtre de l’électrocardiogramme, et mesure ainsi la variation des ondes de pression intracardiaque.
Comme Edouard Van Beneden et toujours avec le même architecte Lambert Noppius, il est à l’origine de la fondation de l’Institut de Physiologie (place Delcour) qui devient un pôle de la recherche mondiale en cette matière. Il fonde les Archives Internationales de Physiologie et de Biochimie toujours publiées de nos jours sous la responsabilité des physiologistes de France. Sa renommée mondiale lui permet d’organiser les premiers congrès internationaux de physiologie dont celui de Bâle en 1889 et de Bruxelles en 1904.
En 1931, le roi Albert Ier lui accorde la concession de noblesse et le titre de baron transmissible par ordre de progéniture masculine.
A son initiative aussi, l’ULiège ouvre la première station scientifique des Hautes fagnes au Mont Rigi, à 675 mètres d’altitude.
« En matière de religion et d’opinions philosophiques, Fredericq était la tolérance même », écrira Marcel Florkin. Il était tourmenté du besoin de conviction religieuse et le christianisme lui apparaissait comme la forme la plus haute de la vie morale. Il n’en était pas moins un agnostique résolu et disait :
« La tolérance est une fleur qui croît sur le fumier de l’indifférence ».
Toujours selon Florkin, son rationalisme se traduisait dans le goût qu’il avait de faire la guerre à l’occultisme, l’amour du merveilleux, la croyance aux miracles et les superstitions grossières comme la radiesthésie, l’homéopathie, l’astrologie ou le spiritisme.
Issu d’une famille d’artistes, Léon Fredericq cultivera lui aussi ce don par la réalisation de nombreuses aquarelles d’une grande richesse dont les thèmes récurrents étaient la ville de Liège et le plateau des Hautes Fagnes.
Grâce à ses travaux, nombreux, divers et brillants, Léon Fredericq a contribué à faire de la physiologie une science indépendante. Il en est l’un des pionniers. Son adage « Le doute est l’oreiller du savant » et son aversion pour le pessimisme, qu’il considérait comme une faiblesse humaine, l’ont certainement guidé vers sa destinée d’illustre scientifique de son époque. Pour lui rendre hommage, la Faculté de Médecine de Liège institue en 1987 la Fondation Léon Fredericq, une fondation pour la recherche biomédicale au Centre Hospitalier Universitaire de Liège qui est devenue une fondation hospitalo-universitaire d’utilité publique en 2017.
